Un peu d'histoire

        Tout d'abord, et en premier lieu, si les personnages des Faydits n’ont pas d'existences historiques, leurs fiefs eux, sont bien réels.

 

A tout seigneur, tout Honneur ! Commençons par le Fenouillèdes...

Entre Estagel et Saint-Paul de Fenouillet direction Quillan :

La vallée de Fenouillet s'ouvre au cœur d’un réseau de voies de communication parcourues depuis la nuit des temps . Elle constitue une zone de circulation mettant en relation les chemins venant des marges orientales de la Cerdagne avec le Roussillon et la haute vallée de l’Aude. Le site sur lequel est bâti le château est propre a être facilement défendu. Il se présente comme un vaste éperon tourné vers le nord, culminant à 530 mètres d’altitude et bordé par deux rivières.

Cette position privilégiée a incité l’homme a s’y établir depuis les temps les plus reculés.
C’est au moyen -age que Fenouillet et son terroir prennent leur aspect actuel . Le village , constitué d’un ensemble de hameaux, est décrit sous cette forme dès le XIIe siècle . Sur le plan militaire , le château SAINT-PIERRE dont la masse domine le paysage, est encadré par deux forteresses avancées dont subsistent d’importants vestiges;

Castel-Fizel au nord et Sabarda au sud.

A la fin du XIIé siècle les Saissac, auxquels la vicomté du Fenouillèdes est passé par alliance, constituent l’un des principaux lignages de la vicomté de Carcassonne et, qui plus est, notoirement anticléricaux, et évidement acquis à la religion des bonshommes, c’est a dire ce que l’église à appelé en son temps l ‘hérésie cathare.
La présence de communautés bonhommes à Saissac est en effet attestée dès 1195. Bertrand, seigneur du lieu, est connu pour son adhésion à la religion des bonhommes .

Au début du XIIIe siècle le château et la vicomté entrent dans la mouvance des vicomtes de Narbonne . Cette même période est marquée par le déclenchement sur les terres de Toulouse, Foix et Carcassonne de la croisade contre les Albigeois. Même si le Fenouillèdes n’est pas directement le théâtre d’opérations militaires, il subit le contrecoup des irréversibles modifications politiques et territoriales qui s’opèrent alors.
Le vicomte de Fenouillet , par ses liens directs avec les Saissac, grands vassaux des Trencavel de Carcassonne, ne peut éviter de s’impliquer dans le conflit et s’engage activement dans la lutte contre les croisés .

A cette époque , les vicomtes sont probablement a l'apogée de leur puissance. Le contexte troublé de cette période et la défaite des Occitans incitent de nombreux chevaliers rebelles, appelés FAYDITS en occitan, à chercher refuge en Fenouillèdes et Pèrapertusés. Les châteaux des seigneurs locaux comme, entre autres, Monségur, Puilaurens, Peyrepertuse et Quéribus, deviennent des centres de résistances .

L’engagement actif du vicomte et de ses vassaux au cotés des seigneurs méridionaux est lourd de conséquences pour le devenir de la vicomté .

Discrédité par son soutien à la religion des bonhommes, Pierre de Fenouillet est dépossédé dés 1222 d’un certain nombre de biens en Narbonnais. Il n’en continue que plus âprement la lutte contre l’envahisseur Français, d’autant que le sort des armes tourne alors à l’avantage des Occitans qui écrasent l’armée d’Amaury de Monfort, fils de Simon.

En 1226, une nouvelle croisade déferle sur les terres du sud, menée par le roi de France, Louis VIII.

C est à cette occasion que le comte du Roussillon, Nunyo Sanche, met la main sur le Fenouillèdes et le Pérapertusés avec l’approbation du roi qui est en train de briser la résistance méridionale.

Le traité de Meaux en 1229 décide le vicomte à déposer les armes.

 Une faible résistance continue cependant dans le Fenouillèdes sous l’égide d’un FAYDIT célèbre : Chabert de Barbaira, qui ne dépose les armes qu’en 1255 avec la perte de son château de Quéribus. En 1257 il remet le Fenouillèdes au roi d’Aragon. L’année suivante, le traité de Corbeil règle définitivement le passage de la vicomté dans le domaine capétien .

Fenouillet et le Fenouillèdes sont alors mentionnés dans les possessions françaises.
Voila une partie de l’histoire glorieuse de ce magnifique site qui vous reste à découvrir et à visiter.

LE FOL

Il fut un temps ou la société soldatesque, barbare, religieuse et hiérarchisée opprimait tant les hommes, qu’elle avait fait disparaître toute fantaisie, tout humour.

Alors ...vint le fou, le fol, chargé de divertir ceux, pour qui la vie était triste et monotone.

Certains de ces rieurs de profession, qui se donnaient pour tache d’amuser leurs contemporains, ou qui devaient par ordre faire diversion aux ennuis de leurs maîtres.
Quelques uns ont même relevé la fonction, et joué un plus noble rôle en profitant de l’impunité assuré à leurs folies, pour faire entendre de rudes leçons aux puissants du jour et plus rarement, porter aux pieds du trône un bon conseil ou même les doléances des opprimés.

Parlons donc de ce fol ami, haut en couleur, que nous avons la chance de produire dans la troupe des Faydits d’Oc, depuis quelques années et avec bonheur, car le bonhomme et fort talentueux, j’ai nommé :

 

LE BOUFFON

Bouffon, dont l’origine du nom semble-t-il viendrait par dérivé du terme BUFFO en bas latin, par lequel on désignait ceux qui paraissaient sur le théâtre, avec les joues enflées pour recevoir des soufflets, afin que le coup faisant plus de bruit, fit rire d’avantage les spectateurs... Quelle époque !

Mais de tout temps, le malheur des uns a souvent fait rire les autres. On peut remarquer également que BOUFFER signifiait autrefois : ENFLER et SOUFFLER...

D’ou vient par exemple que l’on dise : bouffi d’orgueil ou des habits bouffants. Il semble que le BOUFFON où du moins sa fonction existe depuis la plus haute antiquité. Des bouffons domestiques, personnages contrefaits et grotesques semblent avoir prit naissance en Asie chez les Perses et aussi en Égypte.

De l’Orient, l'usage passa en Grèce et, de là, à Rome.

Les bouffons antiques étaient utilisés principalement aux heures des repas ou leurs humeurs joyeuses égayaient les convives. Au moyen-âge sa fonction a tendance à devenir plus intime. Les beaux seigneurs ne sont-ils points a la chasse ou a guerroyer.

Alors, derrière ces remparts menaçants, la vie et le plus souvent monotone, et sans grand intérêt pour la chastelaine. Nous somme là je précise, à la période où les cours d’amour restent à inventer et les troubadours à peine naissants (dans le sud).

Dans cet isolement, le bouffon qui saute et gambade comme un singe, qui joue a l’occasion de la cornemuse ou du rebec, qui bavarde comme une pie, qui connaît quelques oraisons, vers, énigmes et contes joyeux, bref, le bouffon et devenu un personnage important et nécessaire. Il est le seul qui fasse parfois résonner le rire dans les grandes salles du chastel.

 Il prend donc immédiatement rang au dessus du lévrier et du nain, que la noble dame se plait à nourrir de sa fine dextre, et qui eux aussi, lui servent de distraction et de passe-temps.

Parfois, ils appartenaient de père en fils aux mêmes familles : il y avait des dynasties de bouffons.

 Ce n'est point seulement dans les châteaux et manoirs des barons féodaux que les bouffons étaient prisés et recherchés, ils l’étaient aussi à la cour des princes. Mais, et voici qui paraîtra plus singulier, il y avait aussi des bouffons dans les couvents ; et certains prêtres ne dédaignaient point dans leur quotidien la recherche de quelques distractions à opposer aux sévérités de la discipline ecclésiastique. Le fait résulte des documents réunis au dix-huitième siècle par le jurisconsulte allemand Heinecke et le bénédictin dom Marténe .

Heinecke fit une ordonnance de 789 articles défendant aux gens d’église, évêques, abbés et abbesses d’avoir des farceurs aussi bien que des chiens de chasse, des faucons et des éperviers.

Dom Marténe mentionne l’interdiction faite aux ecclésiastiques de remplir eux-mêmes, et ce qui est plus remarquable encore, les rôles de farceurs et de bouffons:

De même nous interdisons aux clercs d’être farceurs, goliards ou bouffons, leur déclarant que si dans l’année ils ont joué ce rôle déshonorant ils seront dépouillés de tous privilèges ecclésiastiques ; et si averti, ils persistent, ils pourront êtres frappés de peines plus graves par le pouvoir temporel.

Étonnant, non ??

Imaginons un instant, un hérétique passé à la question par un bouffon,

L’Inquisition en deviendrait presque amusante...

Mais, redevenons sérieux :

La fête des fous aurait son origine, ( car fête des fous il y eut et cela pendant des siècles ) dans les saturnales qui se célébraient à Rome , le 16 des calendes de janvier , et pendant lesquelles les esclaves portaient les habits de leurs maîtres .

Quand les païens embrassèrent le catholicisme, ils eurent de la peine à perdre l’habitude de ces fêtes si pleine de franche gaieté.

Les princes de l’église comme à leurs habitudes dès qu’une parcelle de pouvoir semblait leur échappé essayèrent de les interdire.

 Saint Augustin, dans son sermon DE TEMPORE au commencement du cinquième siècle, et le concile de Tolède en 635, les condamnèrent sans grand succès.

Elles subsistèrent et s’étendirent notamment dans l’église de Constantinople au dixième siècle.

La fête des fous fut donc maintenue et célébré durant des siècles. Elle avait lieu surtout de Noël a l’épiphanie, dans les églises et cathédrales ou on élisait, un évêque ou un archevêque des fous.

Dans les églises relevant directement du Saint Siège, on nommait un pape des fous dont le sacre était solennisé par une quantité de bouffonneries.

Dans certains diocèse, notamment celui de Reims, les évêques et archevêques véritables, prenaient part aux réjouissances.

Dans certaines localités, la fête des fous se confondait avec la fête de l’âne ou d’autres festivités qui prouvaient, elles aussi, que l’esprit de bouffonnerie n’était pas au moyen âge toujours anathématisé par l’église.

L’action combinée du pouvoir séculier et des autorités ecclésiastiques parvint enfin au dix-septième siècle à amener l’abolition de la fête des fous. Il est bon de rappeler ici les nombreuses figures de fous que l’on rencontre sur les murailles ou a l’intérieur des monuments religieux .Dans l’église des Mathurins à Paris qui date de la fin du quinzième siècle , on y voit un évêque tenant la marotte en main et un moine ayant des oreilles d’âne au capuchon.

Comme on peut le voir il n’y a guère de différence entre ces bouffons d’églises et ceux qui habitaient les châteaux ou qui couraient le monde.

Il est temps de nous intéresser au costume du fol ainsi qu’a ses attributs.

Le bouffon avait en effet comme attribut distinctif, une marotte ; c’était une sorte de sceptre surmonté d’une tête coiffé d’un capuchon et garni de grelots. Également il portait une sorte de bonnet garni de longues oreilles, parfois terminées de grelots. La couleur du costume était bariolé de jaune et de vert. Le mélange de ces couleurs n’a jamais eu au moyen âge, une excellente renommée.

Le vert était le bonnet dont on coiffait le banqueroutier au pilori des halles ; verte aussi, était autrefois la calotte des galériens.

Pour le jaune, il fut au moyen âge une marque de félonie, de déshonneur, de bassesse ou de mépris.

C’étaient également les couleurs des laquais et plus particulièrement des valets employés aux exécutions de la haute justice.

Le concile d’Arles en 1254, ayant décrété que les juifs porteraient sur l’estomac une marque ronde qui les distinguait des chrétiens, Louis IX voulut que cette marque fut d’étoffe jaune : cela peut raviver quelques douloureux souvenirs, cela dit je rappelle que Louis IX est plus connu dans les manuels d’histoires de nos charmants bambins sous le nom de saint Louis...

Deux fous qui accompagnent un roi...

Étrangeté, croyez-vous ?

Que nenni, cette pratique est connue depuis Charlemagne sur le jeu d’échecs ...

Voila, pour ceux et celles qui ont eu le courage de lire ce court explicatif ayant trait aux fols.

Personnages absolument incontournables au même titre que les ménestrels et autres troubadours dans le monde médiéval.